Mais comment font-ils ? Tout ce que les coureurs cyclistes mangent pendant la Vuelta.

Introduction 
« Comment font-ils ? » : il s'agit d'une question que se posent sans doute les personnes qui voient les coureurs cyclistes à l'œuvre lors de la Vuelta. Comment est-ce possible que des athlètes aussi frêles et élancés soient capables de fournir de telles prestations ? Le corps d'un coureur cycliste souffre au cours d'une telle compétition par étapes. Les étapes qui se succèdent, parfois dans des conditions météorologiques très différentes. La succession de jours de repos, suivis par de lourdes étapes de montagne et ensuite à nouveau par des parcours plats et rapides... seuls ceux qui sont en parfaite condition en sortent indemnes !  
La condition commence à la base par une santé optimale et la construction d'une immunité forte. L'alimentation joue un rôle très important à cet effet. Ce que mangent les coureurs possède une influence directe sur leur santé générale, leur niveau de prestations, mais également la rapidité de récupération après l'effort, ce qui est d'une importance capitale pendant les compétitions en plusieurs étapes. L'alimentation fournit une contribution importante lorsqu'il s'agit du niveau de forme et de la condition des coureurs cyclistes. 

Préparation.

Dans un premier temps, les coureurs doivent rechercher un mode alimentaire équilibré pendant la période de préparation avec une grande variété de glucides, protéines, graisses, vitamines et minéraux. Les glucides constituent le carburant des muscles, ils fournissent l'énergie qui est nécessaire à l'effort. Les protéines sont importantes à la formation musculaire et à la récupération musculaire après l’effort. Les graisses seront plutôt consommées en quantités limitées, surtout lorsque le but d'obtenir une faible masse graisseuse fait partie des objectifs du coureur.

Le besoin quotidien en énergie des coureurs cyclistes professionnels dépend d'un grand nombre de facteurs différents. Il s'agit principalement de la nature de l'effort (intensif ou non) et de la durée de celui-ci qui jouent le rôle le plus important dans ce contexte. En règle générale, nous pouvons dire que la consommation moyenne d'énergie d'un coureur est élevée. Ainsi, au cours de la Vuelta, il consommera quelque 6 500 kcal pendant une étape moyenne et en montagne, cela peut même aller jusqu'à 10 000 kcal. Pour mémoire : les besoins quotidiens moyens d'une personne normale s'élèvent à environ 2 500 kcal.

 

Alimentation pour l'étape.
Avant l'effort, il est extrêmement important de maximaliser les provisions en glycogènes (= provisions de glucides). Pour les étapes de plus de trois heures, ce qui est plutôt la norme dans les courses cyclistes professionnelles, il est nécessaire de commencer ces provisions quelques jours (en général 2 à 3 jours) avant la compétition. Les entraînements deviennent moins intensifs alors que la prise de glucides est augmentée, et ce en association avec une limitation des graisses et des fibres dans l'alimentation. Dans le jargon, nous appelons ceci le « carbo-loading ».

Lors des épreuves en plusieurs étapes, le carbo-loading n'est évidemment pas possible, mais il est alors essentiel qu'après chaque étape, les éléments nutritifs brûlés par le corps soient à nouveau complétés.

 

Le jour de l'étape. 
Dès que les coureurs se lèvent, ils commencent à emmagasiner les glucides qui sont nécessaires pour l'étape. La plupart du temps, les étapes débutent dans le courant de l'avant-midi : le petit-déjeuner constitue alors le repas de l'étape. Le petit-déjeuner est la plupart du temps constitué de pain blanc, de pain brioche, de pistolets, de crêpes, de cornflakes, de confiture, de miel, de bananes,.... En grandes quantités ! Certains coureurs mangent également des pâtes ou du riz au petit-déjeuner, mais ce n'est sûrement pas indispensable.

 

Pendant l'étape.
D'un point de vue alimentaire, les principales missions des coureurs pendant l'étape sont : faire le plein de glucides et s'hydrater ! Le nombre de glucides ingérés par heure dépend de la durée et de l'intensité de l'étape. En moyenne, la quantité absorbée par les coureurs se situe autour des 60 g de glucides par heure, mais lors d'étapes plus longues/intensives, nous visons les 90 g de glucides par heure. Dans les courses cyclistes professionnelles, il s'agit le plus souvent de longs parcours, à l'exception du contre la montre. L'absorption de ces 90 g de glucides par heure est uniquement possible via un mélange spécial de glucides (une association de glucose et de fructose ou de malto-dextrines). Chaque coureur cycliste a un peu sa propre préférence. Certains coureurs préfèrent utiliser des barres, d'autres préfèrent quant à eux les gels.

En plus de la prise de glucides, la seconde mission importante des coureurs durant la compétition est de s'hydrater. Les « domestiques » vont chercher les bidons dans les voitures suiveuses et les livrent à leurs leaders. L'hydratation moyenne est comprise entre 500 à 750 ml par heure, en fonction des conditions climatiques.

 

Après l'étape.
Après la fin de l'étape, les coureurs reçoivent immédiatement un recovery shake (cocktail de récupération) qui est composé d'un mélange de protéines et de glucides. Il faut en effet toujours un peu de temps avant d'arriver à l'hôtel. La boisson de récupération assure donc un premier rétablissement des muscles et comble déjà une partie des glucides brûlés pendant la course. Dans le bus qui fait route vers l'hôtel, on trouve en général quelques sandwichs, des barres énergétiques, des snacks sains pour rassasier les coureurs affamés. Par ailleurs, il est important de compléter les réserves en eau pour compenser les pertes subies durant l'effort. Le mot d'ordre est donc de refaire le plein : cela peut aller de 2 jusqu'à 3 litres. Lors de l'arrivée à l'hôtel, un repas chaud traditionnel est servi. Les coureurs cyclistes sont avant tout des hommes et un délicieux repas est bon pour le moral et l'esprit d'équipe!!

Karolien Rector